Face à un auditoire particulièrement mobilisé
pour défendre notre patrimoine viticole, la ministre de la santé
Roselyne Bachelot a rappelé que le gouvernement ne souhaitait « en aucun cas installer une politique de la prohibition ». Elle a souligné que « les dégustations menées par les viticulteurs n’ont jamais été concernées par ce projet de loi ».
Les foires, salons pourront donc continuer à se tenir. Les formules
d’open-bars, visant un public jeune et les pratiques dangereuses de «
binge-drinking » - la forme alcoolisée de la défonce - sont quant à
elles interdites. Les ventes d’alcool dans les stations-service (autre
point visé par l’article 24 du projet de loi) devraient également être
interdites entre 18 heures et 8 heures du matin.
Publicité sur Internet : débat reporté

S’agissant de la publicité sur Internet, les députés ont, toute
tendance politique confondue, demandé que, enfin, Internet soit reconnu
en tant que véritable outil de travail pour la filière. En matière de
promotion de l’oenotourisme tout particulièrement, ils ont tenu à
souligner que ce media s’avère un irremplaçable moyen d’information,
rappelant au passage que le tourisme viticole draine chaque année 5
millions de visiteurs Français dans le vignoble et 2.5 millions
d’étrangers, et que cette activité contribue à la vente de 15 à 20% du
volume de vin écoulé par les exploitations viticoles. Dénonçant les « coups insupportables portés contre la filière » dans un contexte économique désastreux, ils ont demandé que soit
favorisé tout ce qui permet aux professionnels de continuer à
promouvoir ce secteur économique qui contribue positivement aux
résultats de notre balance commerciale – le vin en constitue le premier
poste
excédentaire.
Les débats concernant le point précis de la publicité sur Internet
reprendront lundi 9 mars à l’Assemblée. La ministre Roselyne Bachelot a
rappelé cette nuit que la loi Evin avait favorisé l’émergence d’un « bon équilibre entre la liberté d’entreprendre et la protection de la santé ».
Souhaitons que, sur ce point également, le gouvernement choisisse de
s’opposer aux courants prohibitionnistes qui tentent de limiter au
maximum le champ de la publicité autorisée sur Internet, un media
pourtant unanimement reconnu comme incontournable. La fameuse « liberté d’entreprendre » de l’ensemble des professionnels du vin, que madame Bachelot entend
protéger, dépend donc du vote qui interviendra lundi sur les bancs de
l’Assemblée.
Lisez nos précédents articles sur le sujet :
Débat parlementaire : le lobby du vin fait entendre sa voix (05/03/2009)
Alcool et cancer : le rapport qui dérange (24/02/2009)
Le vin sur Internet en danger de mort ? (17/02/2009)
La modernisation de la Loi Evin (31/10/2008)