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VOTRE CAVE EST UN PLACEMENT RENTABLE
Les plus beaux crus ont vu leurs prix augmenter de 166% en dix ans. Alors que les foires aux vins fleurissent, nous vous proposons une sélection des meilleures affaires financières à réaliser sur les bordeaux, les bourgognes et les côtes-du-rhône. D’autres placements plaisir peuvent, avec profit, s’intégrer dans une stratégie patrimoniale diversifiée.


PLUS 166% EN DIX ANS POUR LES GRANDS BORDEAUX
Le vin est un placement à part qui mêle l’affectif au spéculatif. Mais, pour qui sait gérer son plaisir, il peut se révéler un investissement rentable. En dix ans, alors que le CAC 40 progressait de 93%, les prix des grands vins de Bordeaux grimpaient de 166%. Une bonne affaire !
Depuis quelques années, les grands crus connaissent effectivement une augmentation régulière des prix. « Un phénomène entretenu par la spéculation », regrette Jean-Claude Vrinat, directeur de Taillevent. Tout comme la Bourse, dont les cours des valeurs fluctuent en fonction des commentaires des analystes, la cote des vins monte et descend au gré des critiques. Par exemple, dans le Bordelais, la cote du millésime 2000 a explosé après que Robert Parker a écrit : « 2000 est un millésime phénoménal, qui pourrait s’imposer comme l’un des plus grandioses pour le Bordelais. ». « Beaucoup de gens ont alors acheté massivement ce millésime dans l’espoir de faire une plus-value à court terme », poursuit Jean-Claude Vrinat.
Mais suivre aveuglément les conseils des gourous du vin n’est pas sans danger. Il suffit qu’une critique élogieuse, écrite à l’occasion d’une dégustation au tonneau, soit tempérée quelques mois plus tard lors d’une seconde dégustation après la mise en bouteilles pour que les prix s’effondrent.
« Regardez 1997, explique Angélique de Lencquesaing, associée d’iDealwine, un site Internet spécialisé dans la vente de vins aux enchères. Les prix des primeurs s’étaient emballés à la suite de plusieurs critiques dithyrambiques. Au final, le millésime s’est révélé décevant et les vins se sont retrouvés dans les étalages de la grandes distribution à des prix très inférieurs aux prix de vente en primeur. »


Constituer sa cave
Dans l’optique d’un placement à moyen terme, se constituer une cave demande un attention toute particulière. « Il ne faut surtout pas perdre de vue que le vin reste avant tout un plaisir, martèle Pascal Kuzniewski, expert en vin et auteur de la lettre confidentielle iDealwine Conseil. Prenez votre temps pour investir. » Il faut préférer les appellations les plus réputées : les crus classés du Bordelais, les premiers et grands crus bourguignons et les belles appellations des côtes-du-rhône, tout en privilégiant les millésimes de grande garde. Ainsi, on pourra s’intéresser aux bordeaux de 1982, 1992, 1995, 1996 et 2000, et aux bourgognes de 1988, 1989, 1990, 1996, 1999 et 2000.
A noter que le site iDealwine.com propose à ses membres des caves types en fonction des goûts, des objectifs (consommation ou investissement) et du profil (prudent, dynamique ou spéculatif) de l’investisseur.


La vente en primeur

Il est aujourd’hui possible d’acheter les vins en primeur, bien avant qu’ils ne soient mis en bouteilles. L’intérêt est de payer le vin moins cher qu’au moment de sa commercialisation. Même s’il est plus difficile de faire d’aussi bonnes affaires que par le passé. « Avant, il était possible d’acheter des vins en primeur pour financer sa cave », se rappelle Philippe Bourguignon, directeur du restaurant Laurent, et ancien sommelier. « Cela pouvait même s’avérer très rentable, Confirme Jean-Claude Vrinat. Ceux qui ont acheté des bordeaux primeurs 1982 ont touché le jackpot ! ». Mais l’envolée des prix des primeurs peut tempérer les ardeurs des investisseurs. A tel point qu’il est parfois plus intéressant de se rabattre sur des millésimes plus anciens . « Pour un Cheval Blanc 2003, vous pouvez vous offrir deux flacons de 1996, explique Angélique de Lencquesaing . Ce même 2003 dépasse d’ailleurs de 60% la cote du 1995. De même, au prix du Léoville-Las Cases 2003, 50% plus cher que le très exceptionnel 1985, vous repartirez avec deux bouteilles de 1988. »


Rendez visite au producteur

Aller directement chez le vigneron reste, bien entendu, le meilleur moyen de faire connaissance avec le vin, de le déguster et de discuter avec le viticulteur de son potentiel de garde. Néanmoins, les producteurs n’ouvrent pas tous facilement leur cave. Et impossible d’acheter de vieux millésimes.
Enfin, certains domaines imposent d’acheter des lots panachés pour acquérir une bouteille de leur vin le plus prestigieux, telle La Romanée-Conti du domaine du même nom, ou La Mouline de chez Guigal. Une pratique contestable qui devrait toutefois prendre fin cette année, au moins pour les Romanée-Conti.


Fréquentez les salles des ventes

Les enchères permettent d’acquérir de vieux millésimes ou les vins les plus rares. Il faut toutefois faire attention aux provenances, notamment pour les vins les plus spéculatifs, les « vins placard à balais », comme se plaît à les surnommer Jean-Claude Vrinat, en référence aux conditions de stockage douteuses qu’ils auraient pu subir. Il se tient en France entre 300 et 350 enchères par an. Pour vous tenir informé, la lecture de la presse spécialisée, la Gazette de l’Hôtel Drouot par exemple, se révèle vite indispensable. « Ne vous intéressez qu’au ventes spécialisées, et n’hésitez pas à prendre contact avec l’expert pour lui demander conseil, notamment sur la provenance des lots », souligne Pascal Kuzniewski. Certains intermédiaires comme la société iDealwine, se proposent de vous représenter aux diverses enchères, moyennant commission.


Ne négligez pas les foires aux vins

Deux fois par an, la grande distribution organise les traditionnelles foires aux vins. « Il est toujours possible d’y faire de bonnes affaires, souligne Eric Beaumard, directeur de restaurant au Georges-V et vice-champion du monde des sommeliers en 1998. Mais il faut soigneusement préparer ses achats en épluchant les catalogues de la grandes distribution, et en s’y rendant dans les premiers jours. » Carrefour et Auchan proposent ainsi en septembre, à des prix attrayants, une belle sélection de grands crus de Bordeaux dans les millésimes de 2000, 2001, et 2002.


Prenez conseil auprès de votre caviste

Lorsque la période des primeurs est passée et que les foires aux vins sont achevées, les cavistes restent des interlocuteurs privilégiés. Et, surtout, ils vous apporteront un conseil que la grande distribution sera souvent en peine de vous prodiguer.


Frédéric Durand-Bazin