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Interview : Angélique de Lencquesaing
De belles opportunités sur les Bordeaux rouges.


Le Bordeaux plus rentable que le CAC40

Le vin peut-être aussi un placement financier.
Le point de vue d'un courtier en ligne.


Les problèmes qui affectent la filière viticole française (ralentissement des exportations, baisse de la consommation...) ont-ils une incidence sur le niveau des ventes aux enchères ?

Les transactions sur les vins en France, via les salles des ventes, est un marché de "niche" : 350 ventes ont été réalisées l'an dernier, pour un total de 55 million d'euros. Il est en revanche très correlé au marché des vins en primeur (avec un décalage de deux ans, le temps que le millésime soit disponible à la revente). Et se trouve également très sensible au contexte économique général : baisse de l'activité, chute des marchés financiers et forte dégradation de la parité dollar/euro (défavorable aux acheteurs américains...) sont autant de facteurs qui se répercutent immédiatement sur les ventes aux enchères. Les vins de Bordeaux, par exemple, ont chuté de 30% depuis 2002, date du début su boycott américain vis-à-vis des rpoducteurs français...

Le vin, si l'on regarde l'évolution respective des indices Boursiers et de la cote des grands Crus, peut s'avérer placement judicieux. A quelles conditons ?

Le vin a toutes les caractéristiques d'une valeur de "père de famille". Il faut toutefois privilégier, avant tout, la qualité, en achetant des grands noms. A Bordeaux, ce sont les "classiques" - crus classés et crus bourgeois - qu'il faut favoriser, pour leur grande capacité de garde. Mieux vaut les acheteren primeur les bonnes années. En bourgogne, les ventes aux enchères sont plus intéressantes pour acquérir les crus introuvables chez les grands producteurs. Il ne faut pas pour autant négliger les domaines récemment repris et dynamisés : acquérir des crus encore peu médiatisés (Roc de Cambes, Rollan de By, Clos l'Eglise à Bordeaux...) ou des producteurs qui "montent" (Jamet, Burgaud en Côte Rôtie...), c'est un peu comme investir sur une action avant que la nouvelle ne soit dans les cours.

N'y a-t-il pas, comme dans les placements financiers, un aspect "diversification des risques" à observer ?

Il est effectivement préférable de mêler plusieurs appellations, plusieurs régions, et de respecter un certain équilibre dans la composition de sa cave : celle-ci doit idéalement comporter 90% de vinsde moins de dix ans et 10% de millésimes plus anciens. Enfin, il est important de savoir revendre ses flacons le moment venu, en n'oubliant pas que le vin est une matière vivante et qu'il convient; comme pour un placement boursier, d'en suivre régulièrement la valorisation.

Quelles sont les bonnes affaires à réaliser aujourd'hui ?

Les acheteurs sont actuellement en position de force. Hormis quelques segments du marché (vieux Champagnes millésimés, vieux bourgognes) ou quelques flacons d'exception (un Cheval Blanc 1947 s'est adjugé récement à 3930 euros), les courssont revenus à des niveaux d'achat. L'excès d'offre est toutefois beaucoup plus sensible pour les millésimes plus récents. Il y a des belles opportunités sur les bordeaux rouges 1998 ou 2000 - une valeure sûre en termes de millésime. Les amateurs de sauternes peuvent également profiter de la désaffection du public pour ces grands vins garde. Y compris l'incomparable Château d'Yquem.

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