
|
Investir dans le vin, concilier plaisir et rendement
Se constituer une bonne cave, faire des affaires dans les foires
aux vins ou dans les ventes aux enchères procure davantage de
plaisir que de rendement. Contrairement à l'investissement foncier
qui nécessite plus de rigueur dans son montage.
Aimer le bon vin et réaliser de bons placements est-il compatible
? En fait, il y a plusieurs façons de s'intéresser au
vin. La plus courante consiste à acheter des bouteilles "en
direct". Le mode d'approvisionnement choisi dépend de la
personnalité de chacun. Certains tentent de dénicher la
bouteille rare dès l'ouverture des foires aux vins ou dans les
salles feutrées des ventes aux enchères spécialisées.
D'autres préfèrent investir dans des primeurs bordelais,
pimentant ainsi leur amour des grands crus par le délicieux frisson
de la spéculation. Mais l'accès au vin peut aussi passer
par le foncier.
Achat en primeurs, une méthode intéressante.
Vous pouvez constituer votre cave au moindre coût en achetant
des vins primeurs. Suivant les années, certains acheteurs ont
enregistré des bénéfices oscillant entre 40% et
50%. Largement de quoi rembourser la mise de fonds initiale et financer
les achats de primeurs suivants ! "Ceux qui ont acheté les
vins de 1982, 1989, 1990 et 1995, à leur sortie en primeur, ont
pu engranger de magnifiques plus-values. En revanche, ceux qui ont investi
sur le millésime 1997 ont parfois du mal à recouvrer leur
mise de fonds", souligne Angélique de Lencquesaing, cofondatrice
du site de courtage en ligne iDealwine.com.
Les ventes aux enchères, pour trouver l'objet rare
Autre piste, les ventes aux enchères.
"On peut tout à fait se consituer une cave dans les ventes
publiques", assure le commissaire-priseur parisien, Thierry de
Maigret. Celles-ci sont annoncées dans des revues spécialisées
comme la Gazette de l'Hôtel Drouot. Les bouteilles proviennent
de successions ou de cavistes allégeant leurs stocks ou liquidant
leur fonds de commerce. [...] vous aurez la possibilté de dénicher
des bouteilles introuvables ailleurs. C'est particulièrement
vrai pour les vins de Bourgogne, produits en très petites quantités,
ou pour certaines grandes cuvées : Petrus de 1945, Romanée-Conti
du XIXème siècle ou une bouteilles de Chambolle-Musigny
de 1949 récemment adjugée 2250 euros. "Dans le cadre
de successions, on disperse parfois des caves constituées il
y a plus d'un siècle et qui n'ont pas bougé depuis",
confirme Thierry de Maigret qui s'apprête à disperser 18
bouteilles de Cheval Blanc 1947, un grand cru classé de Saint-Emilion.
Atout supplémentaire, les vins vendus aux enchères présentent
généralement toutes les garanties. "Les vendeurs,
toujours des amateurs éclairés, ont conservé leurs
vins dans d'excellentes conditions", assure Alex de Clouet. "J'essaie
de me rendre systématiquement sur place et je me renseigne sur
la façon dont le vin a été entropsé et sur
le nombre de fois où il a été déplacé,
renchérit Thierry de Maigret.
Lors de l'exposition qui précède la vente, lisez soigneusement
la description de chaque bouteille : niveau du vin, état de la
capsule, conservation de l'étiquette. Chaque détail à
son importance. "Une étiquette tâchée ne doit
pas effrayer, bien au contraire. Cela peut signifier que la cave était
humide, ce qui est plutôt bon signe", explique alex de Clouet.
De même, un niveau un peu bas n'est pas forcement un mauvais indice.
"Ce n'est pas grave s'il s'agit d'un millésime ancien, antérieur
à 1950", assure un professionnel. Or, une diminution de
liquide entraîne toujours une décotre comprise entre 15%
et 50%. Du coup, certains amateurs achètent toujours ce type
de bouteille sans rencontrer de déconvenues particulières
à la dégustation.
Le Particulier (p.30-37) juillet - août 2003, Valérie
Valin-Stein
|