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| urveiller la météo aux moments cruciaux de la floraison ou de la véraison, partout où pousse la vigne. Goûter les nouveaux millésimes de bordeaux et suivre avec passion les ventes des Hospices de Beaune. Pour les amateurs de vin, c'est un plaisir. Pour certains investisseurs, une obligation. La passion | ||||
| peut-elle être synonyme de rentabilité? Peut-on acquérir des bouteilles non parce que ce sont celles que l'on préfère, mais celles qui se revendront le mieux? Bref, le vin peut-il être un placement? " Bien sûr, le vin peut constituer le support d'un investissement. Les bons millésimes qui se sont succédé depuis 1982 - on petit citer 1985, 1986, 1989, 1990, 1995 et 1996 - ont parfaitement tenu la route, et ont sans doute permis de réaliser une meilleure performance qu'un placement en Bourse. La revente se fera certainement avec une belle plus-value. Certes, il s'agit des meilleurs millésimes de ces vingt dernières années. Mais on peut calculer que les consommateurs qui achètent régulièrement depuis quinze ans ont réalisé une bonne affaire. Les primeurs de 1989-1990 se négocient aujourd'hui trois ou quatre fois leur prix d'achat ", estime Patrick Maroteaux, président de l'Union des grands crus de Bordeaux. Comme pour tous les placements, l'environnement du produit crée les critères de choix. Une question parmi d'autres, que ne renierait pas un boursier : quelles appellations recherchent les acheteurs étrangers, principalement américains et japonais ? Ce n'est pas tout. " Pour faire un bon placement, il faut avoir du nez." La formule est de ChateauOnline, l'un des principaux sites de vente de vins sur Internet. Si elle est heureuse, elle n'est pas suffisante. Il faut aussi la consommer avec modération. Lorsqu'il s'agit d'investir dans les divines bouteilles, sélectivité et prudence constituent les deux règles de base. Le marché du vin n'a rien à envier à la Bourse en termes de volatilité. La cote d'un vin peut varier de 1 à 4 selon le millésime. Et encore parle-t-on là de vins de Bordeaux connus et répertoriés. Si les bordeaux sont à l'honneur, c'est que leur production est environ dix fois supérieure à celle des bourgognes, qui, autre faiblesse, sont moins homogènes. Les vins étrangers, eux, sont marginalisés. Même si des bouteilles de rioja vendues d'Espagne, de tokay nées en Hongrie ou des caisses de porto peuvent connaître des parcours impressionnants, ces vins sont abordés avec circonspection dès que l'on parle d'investissement, côté français bien sûr. Comme en Bourse, il faut aussi éviter les pics de cours. Le market timing est important, car les phénomènes de mode existent. Enfin, la rareté conditionne aussi le prix, comme sur n'importe quel marché. C'est le cas pour quelques Latour, des Romanée-Conti ou des Pétrus. Rares, en revanche, sont les Champagnes qui ont la cote. Ils ne sont pas faits, il est vrai, pour être conservés très longtemps. " Pour constituer une cave à orientation financière, il est recommandé de concentrer ses achats sur les Bordeaux, les grands crus et les grands millésimes. Et, si possible, de les acheter en primeur, dès la première tranche mise sur le marché ", recommande Gaëlle Pace, clerc du département vins chez Artus et Associés. Cette étude de commissaires-priseurs a mené la dernière vente de la saison, les 12 et 13 juillet, à Drouot. Les seconds crus, comme la demoiselle du château Sociando-Mallet ou les Clos-du-Marquis, constituent des solutions de rechange intéressantes. En revanche, les amateurs qui se sont déjà constitué une cave bien garnie auront intérêt à faire tourner les bouteilles. De façon différente selon qu'il s agit d'optimiser la valorisation de la cave, de l'autogérer ou de la faire évoluer selon ses goûts. Dans le premier cas, on a pu, par exemple, hériter d'une cave, qu'il conviendra de faire expertiser. Et il ne faudra pas hésiter à céder les vins peu prometteurs pour réinvestir dans des valeurs sûres: millésimes anciens encore abordables ou primeurs. Dans les deux autres cas, la cave a généralement été constituée au fil des ans par des achats chez les cavistes, les négociants ou dans des salles des ventes. Pour que la cave soit autosuffisante financièrement, à faut savoir céder les bouteilles qui ont flambé pour s'offrir un vin plus abordable que l'on consommera en famille ou entre amis. Ce qui incitera à réinvestir dans des vins plus jeunes au potentiel plus fort, ou à parier sur des vins fraîchement découverts qui pourraient susciter une forte demande à l'avenir. Si on n'a pas fait le bon pari, on réservera ces vins achetés à bas prix à sa consommation personnelle. S'il s'agit d'adapter la composition de la cave à l'évolution des goûts, les investissements peuvent être beaucoup plus diversifiés, en fonction des préférences de chacun. Les blancs d'Alsace ou les vins du Jura, du Languedoc ou les Côtes-du-Rhône peuvent alors fort bien tenir une place non négligeable. Les risques du hors-piste L'investissement hors des sentiers battus n'est donc pas interdit, loin de là. Comme pour les portefeuilles boursiers, on peut prendre des positions spéculatives. Les professionnels recommandent simplement qu'elles restent marginales. Il suffit qu'un vin soit, " parkerisé ", comme disent les professionnels, c'est-à-dire (bien) noté par Parker et inscrit dans son guide, ou conseillé par le magazine américain Wine Spectator, pour que son prix s'envole. Comme après la recommandation positive sur une action d'un analyste financier renommé. " Nous avons eu une très bonne surprise avec un Madiran Château-Montus, qu'un client avait découvert il y a longtemps, raconte Gaëlle Pace. Depuis, il a été apprécié par les professionnels de la dégustation et soit prix est monté en flèche. " Autre région qui monte: le Languedoc. Attention, toutefois: très peu de vins vieillissent bien. Surveiller les notes de longévité est donc un impératif. Des conditions de conservation dépendra également la valorisation des bouteilles." Pour une cave purement financière, soit on réalise une plus-value rapide, en quelques semaines ou quelques mois, soit on oublie les bouteilles pour les ressortir dix ans plus tard ", estime Gaëlle Pace. S'il faut faire preuve de patience, la cave doit être fraîche et humide. Les bouteilles aux étiquettes impeccables sont suspectes: la cave était sans doute trop sèche. Mieux vaut une étiquette vieillie par les années passées dans une atmosphère humide. Les installateurs de caves sont de plus en plus nombreux, mais il faut aussi penser à la location recommandée pour ceux qui ont adopté une stratégie financière. Un placement qui a la cote | ||||
| Si les experts conseillent à ceux qui veulent constituer une cave orientée uniquement vers la valorisation du capital de concentrer leurs acquisitions sur les grands crus et les grandes années, surtout dans le Bordelais, c'est aussi pour des questions de liquidité. La cote de ces vins existe et fournit plus qu'une simple indication. La Cote des grands vins de France, publiée chez Hachette, fait référence dans ce domaine. Il faut aussi citer la cote de tous les vins vendus depuis dix ans, disponible sur idealwine.com. Le site de la Gazette de l'hôtel Drouot fournit également des archives des grandes ventes. | ||||
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Les ventes aux enchères sont nombreuses: à Paris, elles sont menées une vingtaine de fois par an à l'hôtel Drouot, mais aussi plusieurs fois par semaine en province. Elles permettent d'acquérir des millésimes anciens, généralement de 20 % à 50 % moins chers que dans le circuit de distribution traditionnel. 80 % des bouteilles vendues aux enchères proviennent de la région bordelaise. Mouton-Rothschild (recherchés pour la qualité du vin mais aussi pour l'originalité des étiquettes, modifiées chaque année), Pétrus, Cheval-Blanc, Margaux, Lafite, Château-d'Yquem font partie des vins légendaires. Parmi les bourgognes, de grands noms, comme le domaine de a Romanée-Conti, le domaine Leroy, les vins des Comtes Lafon figurent aussi en bonne place. Parmi les Côtes-du-Rhône, il faut citer les Côtes-Rôties.
Les grandes surfaces permettaient, il y a quelques années, de réaliser des affaires en or. C'est de moins en moins vrai, disent les experts. Autant certains placements dits exotiques sont considérés avec suspicion par les gérants de patrimoine, autant le placement dans le vin engendre, au pis, la neutralité. Plus que des oppositions au principe de l'investissement dans le vin, les gestionnaires de patrimoine émettent des réserves sur le mélange des genres. "Dans notre optique de gestion d'un patrimoine, le vin n est pas considéré comme un investissement financier, explique Gérard Poirelle, président de Cyrus Conseil. Non pas qu'il soit impossible de réaliser des plus-values sur des bouteilles. Les critères d'appréciation sont différents de ceux qui régissent un placement dit "classique". Les aspects ludiques ou affectifs sont ici plus marqués. Si un de nos clients souhaite investir dans le vin, nous l'adressons à un spécialiste de ce domaine. " Investissement ou pas ? Une banque française spécialisée dans la gestion de fortune adopte la même attitude; le placement dans le vin n'entre pas dans sa gamme de produits proposés aux clients. Ce qui ne l'empêche pas d'investir pour son compte propre dans les vignobles. De toute évidence, le groupe des Banques populaires pourrait difficilement renier les bienfaits possibles d'un placement dans le vin via un vignoble. Il a cédé, le 3 juillet, le château de Fieuzal, dont il était propriétaire depuis 1994, au président du conseil de surveillance d'une des deux plus grandes banques irlandaises, l'Allied Irish Bank. Grand cru classé, Château-de-Fieuzal est un vin de la région des Graves, appellation Pessac-Léognan. La valorisation du domaine profite aujourd'hui aux actionnaires du château de Fieuzal. C'est-à-dire tous ceux qui sont intéressés au résultat de Fructivie, filiale de Natexis Banques populaires, de la Banque fédérale des Banques populaires, des onze Banques populaires et de l'AGRR-Prévoyance, partenaire du Groupe Banques populaires. Ce n'est donc pas la possibilité de réaliser une plus-value qui est en cause, mais bien l'approche de certains épargnants qui peuvent penser avoir trouvé une martingale. Alors, le vin bientôt coté en Bourse ? " Le contrat va voir le jour avant la fin de, l'année ", dixit un responsable d'Euronext (ex. Bourse de Paris). Le vin rejoindra ainsi le club des matières premières cotées sur un marché à terme. Le projet a été lancé, à Bordeaux, le 10 mai 2000. Le premier contrat devait voir le jour l'année dernière et porter sur une caisse de 12 bouteilles en primeurs du millésime 2000 des plus grands crus de Bordeaux, livrables à une échéance de trente-deux mois. Winefex Bordeaux (Wine Futures Exchange) sera finalement lancé le 14 septembre prochain (voir notre information page 101). Malgré le scepticisme de beaucoup de professionnels de Bordeaux, les responsables de l'opération sont parvenus à faire aboutir ce projet. La cible visée est celle des négociants, des courtiers, des producteurs, qui ont besoin de gérer leur risque. Mais rien n'interdira aux particuliers d'intervenir pour spéculer, sans jamais voir une bouteille, sur les cours du bordeaux... | ||||
Des sites à consulter |
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| Non seulement les sites consacrés au vin sont parmi les plus actifs de l'e-business, mais les sites spécialisés dans les ventes aux enchères fonctionnent particulièrement bien lorsqu'il s'agit de ventes de vin... | ||||