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Les sites de vin à la loupe



Ces portails soignent leurs clients à coup de prix cassés ou de livraisons offertes. Du coup, sur certains sites, il y a de très belles affaires à saisir !

Sur le Net, la guerre du vin bat son plein ! Parmi les principaux protagonistes, deux sites français : Wineandco et Chateauonline. Depuis leur création, ces start-up ont levé au total 47,3 millions d'euros (310 millions de francs). Mais, aujourd'hui, c'est à coup de conseils et de services personnalisés qu'elles se battent pour fidéliser les consommateurs. Exemples ? Les membres du club Wineandco Platinum, réservé aux meilleurs clients du site, peuvent épater leurs convives en appelant un sommelier pour se faire expliquer la carte des vins qu'ils ont sous les yeux au restaurant ; quant à Chateauonline, il propose par mail les conseils de Jean-Michel Deluc, ancien sommelier du Ritz !

Pourquoi autant de petites attentions pour les acheteurs ? Parce le marché du vin est très prometteur. Côté gros sous, d'abord : le seul segment des vins de qualité (bouteilles à plus de 15 euros - 100 francs) est estimé à 24 milliards d'euros (160 milliards de francs) dans le monde. De plus, le vin permet de toucher des consommateurs intéressants d'un point de vue marketing. Avec un panier moyen de 152 à 229 euros (1000 à 1500 francs), l'acheteur est un cadre âgé de 30 à 35 ans, aux revenux confortables ; il a une certaine culture du vin et apprécie l'image sociale valorisante que procure la dégustation d'une bonne bouteille entre amis.

Certes, pour l'instant, le commerce du vin sur Internet est encore faible au regard des ventes réalisées dans les réseaux traditionnels, mais il se développe rapidement. Signe des temps, les foires aux vins, désormais traditionnelles dans la grande distribution, ont fait, cet automne, une entrée en force sur le Web. Et pas seulement sur les sites des hypers comme Carrefourvins.com ou Auchan-direct.fr : Chateauonline et Wineandco ont, eux aussi, sorti quelques prestigieuses bouteilles proposées à des prix fort intéressants.
Cependant, pour les vins plus modestes, rien ne vaut les grandes surfaces. Leur puissance commerciale leur permet d'obtenir des tarifs canons. En revanche, pour les grands crus, Internet a sa chance. C'est flagrant, par exemple, pour les bordeaux. Nous avons comparé les prix de vingt bouteilles issues de prestigieux châteaux de la région : pauillac, pomerol et autres saint-émilion ... Sur les quatre que propose Carrefourvins.com, trois sont plus chers que chez les spécialistes en ligne. Etonnant ? Pas tant que cela. Carrefour, si puissant soit-il, est obligé de traiter avec les grands négociants du Bordelais plutôt que directement avec les producteurs.

Deuxième paramètre à prendre en compte avant de choisir son site de vente en ligne : la qualité de l'information. Les pages les plus visitées aujourd'hui sont celles qui guident les acheteurs dans leurs achats. A condition que l'information ne confonde pas avec du marketing. "Difficile d'être crédible lorsque l'on est à la fois marchand et conseiller, reconnaît Marc Perrin, PDG de Wineandco. Il faut fournir une critique dégagée du marché." Pour ce faire, Wineandco vient de fusionner avec Magnumvinum, le portail de la Revue du vin de France. Sur le nouveau site, les activités "Magazine" et "Commerce" seront bien distinctes. Selon Marc Perrin, ce rapprochement devrait permettre un doublement du trafic à 150 000 visiteurs français uniques par mois et ferait de Wineandco le numéro un du vin sur Internet dans l'Hexagone (en terme de fréquentation), devant Chateauonline. Mais ces deux géants ont encore beaucoup d'efforts à fournir avant de sortir la tête de l'eau. Avec 5 millions d'euros (33 millions de francs) de chiffre d'affaires pour Chateauonline et 5,3 millions (35 millions) pour Wineandco sur l'exercice 2000, la rentabilité n'est pas encore au rendez-vous : elle n'est annoncée que pour fin 2002 ou courant 2003.

Autre concept qui fait mouche pour attirer les clients : la vente de grands crus bordelais en primeur. Ces vins vieillissent au moins dix-huit mois en barrique et ne sont vendus que deux ans après la récolte. Jusque-là, quelques initiés seulement avaient accès à ce marché. iDealwine.com, un site de courtage, propose d'investir dans ce marché spéculatif. Mais n'oubliez pas qu'au final le vin reste un produit fragile, instable et destiné à être bu !


Lexique : Le vocabulaire du Bordelais
Régions de production
Les principales zones viticoles bordelaises sont le Médoc, les Graves, le Sauternais, et le Saint-Emilionnais.

Appellations
Les régions de productions sont elles-mêmes déclinées en appellations : margaux, pauillac, saint-julien, pessac-léognan, sauternes ...

Classement des médocs
En 1855, certains vins ont fait l'objet d'un classement, toujours en vigueur. Il s'agit des médocs répartis en 1er, 2e, 3e, 4e et 5e crus classés. S'y ajoutent un sauternes, le château Yquem, et un cru des Graves, le château Haut-Brion.

Classement des graves
En 1959, la région des Graves a également classé ses crus (par exemple : le château pessac-léognan cru classé).

Crus classés
Pour toutes les appellations, les meilleures cuvées sont réservées aux crus classés.

Deuxième vin
Le reste de la récolte sert à faire ce que l'on appelle un "deuxième vin".

Web Magazine, 01/01/2002, Jean-Moïse Braitberg.