L’apport des bourgeois de Bordeaux
Le 12ème siècle, sous domination anglaise, voit apparaître à Bordeaux ses premiers bourgeois. Ils jouissent de droits et privilèges, notamment une exonération de charges sur les vins de leur vigne. Au 15è siècle, lorsque la Guyenne redevient française, ils conservent "le privilège de porter l'épée et de posséder des terres seigneuriales". Ces riches commerçants peuvent acquérir dans le Médoc d'excellentes terres viticoles à qui l'on donne le nom de "Crus des Bourgeois" puis "Crus Bourgeois".
Une longue procédure de reconnaissance
Le premier classement des crus bourgeois du Médoc date de 1932. En 2003 est établi un nouveau classement, dont il est prévu qu’il soit révisable tous les dix ans. Celui-ci consacre 247 Châteaux du Médoc « crus bourgeois » répartis en trois catégories : cru bourgeois, cru bourgeois supérieur et crus bourgeois exceptionnel. Aussitôt, certains châteaux évincés de la liste attaquent cet arrêté. En perdant le droit d’apposer sur leurs étiquettes la mention « crus bourgeois », c’est leur notoriété et la valeur même de leur propriété qui s’écroule.
Suite à de nombreux rebondissements, le classement est annulé en février 2007. Face au risque de voir disparaître la mention « crus bourgeois », les châteaux se regroupent au sein d’une alliance : L’Alliance des Crus Bourgeois. Il aura fallu attendre plus de trois ans pour que soit prononcé le nouveau classement.
Un agrément annuel
Plutôt qu’un nouveau classement, c’est davantage un agrément qui est désormais décerné chaque année aux châteaux.
Cet agrément est valable uniquement pour un millésime bien précis, et accordé deux ans après la récolte. Chaque ‘candidat’ doit d’abord respecter un cahier des charges précis, dont l’application est contrôlée par un organisme indépendant, le bureau Veritas. Ainsi remis en question chaque année, cet agrément ne sera plus octroyé en fonction du nom de la propriété, mais de la qualité des vins, dégustés par un comité de professionnels indépendants. Si le vin est agréé à cette issue, le château est autorisé à apposer sur son étiquette la mention «cru bourgeois ». Pour cette première année de classement, 243 crus ont donc été reconnus et forment la sélection officielle 2008. A noter que les dégustations de cette première année ont eu lieu de janvier à juillet 2010 et valorisent les Crus Bourgeois pour le millésime 2008. Les dégustations de 2011 ont commencé le 20 septembre et mettront en lumière le millésime 2009. Cet écart de deux ans entre les dégustations et la reconnaissance du millésime correspondant à la période d’élevage qui précède la commercialisation des vins.
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Hors Compétition
Certains châteaux déplorent la disparition de la hiérarchie au sein des « crus bourgeois » (les exceptionnels, les supérieurs et les crus bourgeois) et ont choisi de ne pas faire acte de candidature pour ce nouvel agrément. Huit des neufs châteaux anciennement classés «exceptionnels» (Chasse-Spleen, Poujeaux, Pez, les Ormes de Pez, Potensac et Siran) ont ainsi décidé de poursuivre ensemble un projet parallèle. C’est le cas également du château Labegorce Zédé, qui fusionne à compter du millésime 2009 avec château Labegorce. Mais il est possible que l’on voie réapparaître cette hiérarchie (“cru bourgeois exceptionnels”, “cru bourgeois supérieur” et “cru bourgeois) dans les prochaines sélections.
Un atout économique dans le Médoc
Les Crus Bourgeois du Médoc ont une importance économique significative à Bordeaux : 270 châteaux, 40 millions de bouteilles vendues à travers le monde. Ils représentent 44% des vignes du Médoc et 300 millions d’euros (30% du total Médoc).
Liste des crus bourgeois et crus bourgeois supérieur du Médoc
(Chiffres 2009, source : Alliance des Crus Bourgeois)