Champagne | Annata 2023
Après une année 2022 très sèche, l’automne apporte un bref retour de la pluie, laissant espérer une bonne recharge des sols. Mais l’hiver 2022-2023 reste globalement sec, à l’exception de janvier, doux et humide, et de la Côte des Bar, davantage arrosée. Le printemps renoue réellement avec l’eau : mars est très pluvieux et doux, compliquant le travail du sol. Le débourrement, prévu début avril, est retardé par des incursions d’air froid jusqu’à fin avril. Malgré ces conditions contrastées, les dégâts de gel restent faibles (1,5 % de l’appellation). Les fortes pluies printanières, bien que contraignantes, compensent le déficit hivernal. L’été 2023 se révèle très irrégulier. Après un début sec et chaud fin mai-début juin, des pluies fréquentes reviennent dès la mi-juin, parfois largement excédentaires selon les zones. Juillet et août alternent entre fraîcheur humide et pics de chaleur, créant des craintes sanitaires mais sans record historique de précipitations. Les températures oscillent fortement : canicule douce en juin, fraîcheur persistante jusqu’à début août, puis nouveau refroidissement fin août avec des minimales très basses. Contre toute attente, le début du mois de septembre fut le plus chaud jamais enregistré, faisant de facto des vendanges 2023 les plus chaudes de l’histoire champenoise. L’ensoleillement suit cette variabilité. En dépit d’un été plutôt maussade, le soleil a été très généreux en juin et en septembre permettant à la moyenne des températures de s’afficher légèrement supérieures à la normale. Dans le même temps, la pluviométrie s’est avérée, elle, très importante et en large excédent. Au global, le millésime 2023 a été marqué par le poids des grappes qui n’avait jamais été aussi important avec 220g en moyenne, du jamais vu dans la région, bien au-delà du précédent record observé en 2005. Cela a permis de réaliser des rendements importants et de pouvoir trier afin de ne conserver que la meilleure qualité en écartant notamment les baies flétries à la suite de l’apparition de quelques foyers de botrytis toutefois contenus. Au global, l’année s’est avérée particulièrement bénéfique pour les chardonnays qui sont superbes, offrant de très beaux niveaux de maturité, un profil aromatique complexe et des équilibres souverains. De leur côté, les pinots noirs, sans être majestueux, ont pu toutefois correctement mûrir grâce aux bonnes conditions de fin de campagne. Ils offrent des profils gourmands, plus aimables que les meuniers un peu moins aboutis.