
Etraire de la Dui
Son histoire commence par une découverte fortuite : vers la fin du XVIIIe siècle, un certain Fourrier remarqua une vigne sauvage d'une vigueur et d'une fécondité remarquables sur un pierrier au Mas de la Dui, à Saint-Ismier, dans la vallée du Grésivaudan en Isère. Quelques sarments prélevés suffirent à lancer la propagation de ce qui allait devenir l'étraire de la Dui, aussi connu sous les noms de gros persan, béccu ou betu. Sélectionné avant les crises du phylloxéra et du mildiou, il connut son heure de gloire dans la seconde moitié du XIXe siècle grâce précisément à sa résistance relative à ces fléaux. Sa forte ressemblance génétique avec le persan, autre cépage noir de la région, intrigue encore les ampélographes. Aujourd'hui quasi confidentiel, il ne subsistait que 4 hectares en 2011, cultivés par deux producteurs entre Bernin et Saint-Vincent-de-Mercuze. Il est inscrit au Catalogue officiel et entre dans les appellations Vin de Savoie et IGP Isère.
À la vigne, ce cépage vigoureux et productif apprécie les terrains argilo-calcaires de coteaux bien exposés. Son débourrement tardif lui confère une bonne résistance aux gelées printanières, et il se montre relativement peu sensible à l'oïdium.
Dans le verre, il livre un vin de caractère, rouge sombre aux reflets violacés, tannique et corsé, légèrement astringent en jeunesse mais gagnant en complexité avec le temps. Le nez, bouqueté et légèrement herbacé, se déploie sur des notes de cassis, griotte, café, poivre, clou de girofle et mine de crayon.