
Duras
Cépage noir autochtone du département du Tarn, le duras tire son nom de la dureté particulière de ses rameaux. Son ancienneté est attestée dès 1484 dans un acte notarial de Lavaur, et certains ampélographes n'hésitent pas à le rattacher au duracina mentionné par Caton l'Ancien et Columelle. Des analyses génétiques ont depuis confirmé son origine : il serait issu d'un croisement naturel entre le tressot noir et le savagnin. Longtemps marginal, il a failli disparaître avant d'être sauvé par son inscription comme cépage obligatoire dans le décret AOC Gaillac rouge en 1970, ce qui a permis à ses surfaces de passer de 75 hectares en 1968 à plus d'un millier aujourd'hui. Il reste aujourd'hui exclusivement cultivé dans son berceau d'origine.
À la vigne, ses grappes tronconiques et compactes portent des baies ovoïdes à la peau bleu-noir très pruinée, à la chair ferme et peu juteuse. Il affectionne les sols sableux et calcaires pauvres, craint les terres argileuses, et réclame une bonne exposition pour atteindre sa pleine maturité. Sa sensibilité à l'oïdium, à l'eutypiose et aux acariens demande une vigilance accrue.
Dans le verre, le duras offre des vins alcooleux, moyennement colorés, dotés de tanins fins et d'un caractère nerveux en jeunesse qui s'assouplit avec le temps. Son profil aromatique s'exprime sur les épices et le poivre, avec des notes de fruits noirs. Il est presque toujours assemblé au fer servadou, à la syrah ou au merlot, notamment dans les appellations Gaillac, Côtes-de-Millau et Estaing.
